Comme discuté dans l’article « Est-ce difficile d’utiliser GNU/Linux ? », il n’est pas plus difficile d’utiliser cette technologie que les autres. Alors qu’est-ce qui ralenti le passage vers le libre ?
Vous retrouverez quelques hypothèses dans les prochaines lignes.
L’habitude
L’être humain s’habitue. C’est un « avantage » dans certains cas, mais dans d’autres ? En TIC, l’utilisateur s’habitue à retouver tel menu à telle position et avec tel titre. Si on le change de place alors il y a une petite « panique ». Et c’est tout à fait normal. Ce qui l’est moins, c’est de se convaincre, au nom de cette habitude, qu’on ne doit pas essayer autre chose.
L’informatique n’est-il pas un domaine où ça bouge beaucoup ? Ne devrait-on pas alors, pour ne pas « reculer », expérimenter continuellement ? Vous connaissez ma réponse !
De plus, on demande à nos élèves, de pouvoir transférer leurs connaissances (compétences) dans d’autres contextes. Pourquoi ne pas essayer de le faire nous aussi ?
Les préjugés
De plus en plus de personnes ont entendu parlé de GNU/Linux. Le pingouin commence à avoir une bonne présence médiatique. Malheureusement, il y a aussi une mauvaise presse de la part de gens qui ne connaissent mal (ou pas) ce système d’exploitation ou encore qu’ils l’ont connu en 1992 ! Oui à l’époque les lignes de commandes étaient présentes et il n’y avait pas d’atouts pour l’éducation (élève), mais cela a beaucoup évolué.
Il y a cependant de l’espoir, car en montrant GNU/Linux en fonction aux gens, ils sont toujours très impressionnés. Mais surtout, ils veulent l’essayer ! Alors n’ayez pas peur d’ouvir votre ordinateur pour montrer que vous utilisez des logiciels libres et que vous faites ce que vous voulez avec eux.
Pour combattre des préjugés, c’est l’éducation la meilleure arme ! C’est ce que nous tentons de faire avec le présent site.
Ressources non connues
Les ressources, comme LinuxÉdu-Québec et les autres, ne sont pas encore connues par les utilisateurs « propriétaires ». Donc les gens, seuls dans leur école, n’ont pas le courage de s’investir dans une telle aventure (convaincre que c’est une alternative viable en éducation). Alors ils retardent l’échéance. Mais depuis 1 an, les ressources sont de plus en plus connues et utilisées. C’est à nous de continuer notre travail de promotion.
Des journées comme le pré-AQUOPS 2003 sont le genre d’initiatives à mettre en place au Québec. Le signet publicitaire de Linux-Québec en est un autre exemple.
Expertise « or not » expertise ?
Question : ne devrait-on pas développer l’expertise au lieu d’être consommateur de celle des autres ? Plusieurs fois j’ai entendu dire que l’on a pas l’expertise pour faire un tel virage. Que ce n’est pas vrai que GNU/Linux est gratuit car on doit comptabiliser les coûts de formation (comme si on ne paie pas pour se former en une autre technologie ?), etc. Je crois qu’il serait de notre devoir, car ne sommes-nous pas en éducation, de s’approprier cette expertise afin de permettre au commission scolaire d’optimiser leurs budgets TIC (mettre les $ sur la formation et les appareils au lieu d’en dépenser une bonne partie en licences).
Il y a un changement d’attitude face au TIC à réaliser dans notre société. Car nous sommes encore de gros consommateurs, pas encore des producteurs.
Droit à l’erreur
Finalement, GNU/Linux n’a pas le droit de faire des erreurs ! Aucune ! Car si un jour, un serveur de terminaux X, par exemple, venait qu’à avoir des problèmes un beau lundi matin ensoleillé, plusieurs utiliseraient ce fait pour dénigrer le libre.
Ou encore, si un serveur web se fait hacké, imaginez le drame !
Mieux encore, OpenOffice.org a un bogue ! Ho non ! Remplacez vite ce logiciel qui cause des problèmes dans nos écoles.
Corrigez-moi si je me trompe, mais on s’est habitué aux nombreux bogues et failles de sécurité de vous savez qui. C’est un parfait exemple d’une mauvaise habitude ;o). Pourquoi alors ne pouvons-nous pas accepter que GNU/Linux en ait lui aussi ?
Le virage du « proprétaire » vers le « libre » n’est pas une virage vers un système sans faille. Mais bien un virage philosophique. Pour l’éducation, le libre a beaucoup d’avantages que le « monde propriétaire » ne pourra jamais avoir. Lisez nos trois articles « Pourquoi le logiciel libre en éducation 1, 2 et 3 » pour en savoir plus.
Conclusion
Que ce soit par habitude, préjugés ou autres raisons semblables, on devrait revoir notre attitude face à ce nouveau monde. Car si on se ferme les yeux, comment avancera-t-on ?
Nous vivons des changements dans notre société en ce concerne le logiciel libre. Je suis heureux de pouvoir y participer.


